Le
contrôle des changes
au Maroc
Le
dirham marocain n'est ni exportable ni librement convertible
Toutefois, le Maroc applique la convertibilité des opérations
courantes. Les banques marocaines ont ainsi délégation
de l'Office
des changes pour effectuer librement (sur justificatifs) les règlements
relatifs aux opérations d.importation, d.exportation, de
transport
international, d.assurance et de réassurance, d'assistance
technique
étrangère, de voyage, de scolarité, de soins
médicaux, d'économies
sur revenus, ainsi que toutes les autres opérations réputées
courantes.
La convertibilité s'étend par ailleurs aux opérations
en capital,
notamment les investissements étrangers au Maroc (y compris
ceux
réalisés sur devises par les ressortissants marocains
établis à
l'étranger) et les financements extérieurs mobilisés
par les entreprises
marocaines.
I
- Le contrôle des changes sur les opérations
courantes.
1.1. Les mesures concernant les personnes physiques résidentes
au Maroc
-
Le libre transfert des économies sur revenus : Les ressortissants
étrangers résidant au Maroc peuvent transférer
librement, par l'entremise des banques, leurs économies
sur salaires, traitements, pensions et honoraires (circulaire
n°1650 du 27 octobre 1997 de l'Office des changes), ainsi
que les cotisations dues à des organismes de sécurité
sociale et de retraite dans leur pays d'origine (circulaire n°1606
de l.Office des changes et lettres n° 12 985 du 18 mai 1998
et n°12.1542 du 05 juillet 2000),
- La dotation touristique annuelle s'élève à
10 000 dirhams pour chacun des résidents étrangers
ou marocains (circulaire n°1649 du 20 octobre 1997),
- Les droits à transferts des étudiants : La dotation
annuelle de départ-scolarité pour les étudiants
est de 20 000 dirhams. Les transferts mensuels sont d'un maximum
de 7 000 dirhams pour les étudiants non boursiers et autant,
moins le montant de la bourse, pour les étudiants boursiers,
sachant que sont autorisés en sus les transferts pour les
frais de scolarité proprement dits, l'assurance et la mutuelle,
les loyers et charges afférentes, les frais d'acquisition
de matériel informatique et le remboursement des crédits-étudiants
(circulaires n°1693 du 1er juillet 2003).
- L'allocation pour soins médicaux : Les Marocains résidents
devant se rendre à l.étranger pour des soins médicaux
ont droit à une
allocation d'un montant de 30 000 dirhams (circulaire n°1658
du 5
octobre 1999).
1.2.
Les mesures du contrôle des changes concernant les personnes
physiques non-résidentes
Les revenus perçus au Maroc par des personnes physiques
non résidentes (loyers, revenus divers...) sont transférables
(circulaire n°
1606 du 21 septembre 1993).
1.3. Les mesures du contrôle des
changes concernant les entreprises
En matière d'opérations courantes, la réglementation
vise à favoriser le commerce extérieur :
-
La quasi-totalité des produits peut-être importée
librement
(circulaire n° 1606 du 21 septembre 1993).
- L'ouverture d'un compte convertible de promotion des
exportations (CCP EX) permet à l'exportateur, tenu de
rapatrier le produit de son exportation dans la totalité,
de
disposer en devises d'une partie de ses recettes (20%) pour
faire face à ses dépenses professionnelles à
l.étranger
(circulaire 1607 et 1626 des 2 novembre 1993 et 12 juillet
1995).
- Le paiement des opérations d'assistance technique étrangère
s'effectue librement par le système bancaire (circulaire
n° 1606 du 21 septembre 1993).
II
- LE CONTROLE DES CHANGE SUR LES OPERATIONS D'INVESTISSEMENTS
2.1.
La convertibilité est garantie pour les investissements
étrangers réalisés en devises ou en dirhams
convertibles
En matière d'investissements étrangers réalisés
en devises, l'Office des changes a institué un régime
de convertibilité qui garantit aux investisseurs le transfert
des revenus produits par les investissements et le rapatriement
du produit de liquidation ou de cession de leurs investissements
en devises (circulaire n°1589 du 15 septembre 1992).
Ces dispositions concernent les investissements réalisés
par les personnes physiques ou morales de nationalité étrangère,
non résidentes ou résidentes, et les personnes physiques
de nationalité marocaine établies à l'étranger.
2.2.
Les investisseurs français bénéficient en
plus de la possibilité de transférer le produit
de la liquidation de leurs investissements réalisés
avant juin 1999 en dirhams non convertibles.
L'accord signé en 1996 entre la France et le Maroc sur
l'encouragement et la protection réciproques des investissements
(API) a été ratifié le 29 avril 1999 et est
entré en vigueur le 31 mai 1999. Cet accord inscrit que
les investisseurs français, résidents ou non-résidents,
bénéficient en outre du droit à libre transfert
de la liquidation des investissements réalisés au
Maroc.
Cependant, l'Office des changes du Maroc précise (par lettre
du 19 décembre 2000) que les opérations d'investissements
réalisées par les Français, postérieurement
à l'entrée en vigueur dudit accord, bénéficient
de la garantie de rapatriement pour autant que leur financement
ait été effectué en devises ou en dirhams
convertibles (dans le cadre de la circulaire n°1589, cf. supra
&3.1.). Pour rappel, les comptes en dirhams convertibles sont
ouverts par les étrangers ou les Marocains résidant
à l'étranger ; ces comptes sont alimentés
soit par des dépôts en devises, soit pour les étrangers
exclusivement, par le dépôt de leurs revenus locaux
en dirhams.
2.3.
Les banques peuvent désormais accorder aux personnes physiques
étrangères non-résidentes des crédits
en dirhams destinés au financement de l'acquisition ou
de la construction de biens immeubles au Maroc.
Le bénéficiaire non-résident doit toutefois
effectuer un apport en devises de 30% au minimum du prix du bien
immeuble à acquérir ou à construire. Le remboursement
du crédit doit s'effectuer par cession de devises ou par
débit d.un compte étranger en dirhams convertibles
ouvert au nom de l'intéressé (circulaire n°1691
du 3 décembre 2002).
2.4.
Les opérations de financements extérieurs sont libéralisées.
Les opérations d'emprunts extérieurs contractés
par les entreprises marocaines, ou par l'intermédiaire
d'une banque marocaine, sont autorisées pour financer leurs
opérations d'importations, d'exportations et d'investissements
(circulaire n°1605 du 4 juin 1993).
III
- Le contrôle des changes concernant les personnes physiques
quittant définitivement le territoire marocain
3.1.
Pour les étrangers, un droit à transfert immédiat
de 25 000 dirhams par année de séjour au Maroc et
le solde éventuel inscrit sur un compte convertible à
terme.
droit de transférer l'équivalent de 25 000 dirhams
par année de séjour au Maroc (circulaire n°1485
du 18 décembre 1986 et circulaire n° 85 du 5 mars 1965).
Si ce droit ne suffit pas à épuiser les fonds à
transférer, le solde est inscrit à la banque sur
un compte convertible à terme transférable en cinq
ans à raison de 20% par an (circulaire n°1573 du 24
janvier 1992).
Les transferts de fonds à titre de dévolution successorale
au bénéfice d'héritiers non-résidents
se réalisent selon les mêmes règles (circulaire
n°1611 du 1er décembre 1993).
3.2.
Une allocation de départ pour les Marocains émigrants.
Les Marocains ayant obtenu un visa d'émigration sont autorisés
à transférer une allocation d'installation d.une
valeur maximum de 25 000 dirhams (circulaire n° 1694 du 22
août 2003).